Trans'Humanité

Projet en cours

 

Photographe, Philippe du Crest, nous offre à regarder ceux/celles qui l'entourent, fasciné comme il le dit lui-même par le corps. Mais dans sa nouvelle série photographique intitulée Trans'Humanité à quelle identité sommes nous confrontés ?

Nous nous posons la question, tout comme le photographe l'a posée face aux trans' qu'il est allés rencontrer non pas pour éclaircir un soi-disant mystère mais pour mieux comprendre à travers l'image donnée, à voir ce qui fait que pendant des siècles des personnes se sont trouvées seules, stigmatisées, incomprises, malmenées par notre société et les lois du genre binaire qui la régissent. 

 

Il n'a pas dans sa démarche une posture intellectuelle particulière mais, tout comme dans sa précédente série (Agents de lumière) la modestie d'un engagement politique, de porter un regard bienveillant, nous éclairer, révéler en quelque sorte, ce qui est l'essence même de la photographie. 

 

Dans ces conditions, comment mettre alors en place le processus photographique qui va régir, sous-tendre la série, lui donner un sens, celui de la relation du voyeur et du regardé ?

Chacun donne de soi pour faire parler l'autre et nous amener à entrer dans cette relation de complicité qui amènera des personnes trans' à se dévoiler encore un peu plus. 

Mais différemment, afin de changer notre regard sur ce qui est toujours considéré comme une minorité encore mal acceptée, parfois en souffrance par rapport à la société, à la famille, aux institutions.

Cette série nous apprend donc également sur le photographe lui-même dans son rapport à l'autre et dans son rapport à l'art du portrait qui traverse aussi bien la peinture que la photographie. 

 

Et ce n'est donc pas anodin si une logique de références se met en place : procédé de lumière en halo, un certain type de poses (bras en croix, position assisse dans un fauteuil*) évoquant des souvenirs d'images. 

Cela n'enlève en rien au processus de création du photographe, bien au contraire, car il nous ancre dans une réalité qui finalement nous semble familière et nous permet - peut-être - d'accepter un peu mieux, un peu plus les modèles observés. 

Une fois de plus, Philippe du Crest nous révèle non seulement des personnes d'un genre autre que celui imposé par une certaine norme, mais bien des identités qui, comme chaque humain, véhiculent leur plénitude, leur failles, leurs doutes.

 

Philippe du Crest sait les amener à se confier visuellement face à son objectif. 

Choisissant à chaque fois une personne trans', il entre dans son intimité tout d'abord par la voix, le dialogue, puis si la complicité s'installe, alors la prise de vue a lieu. 

La rencontre se passe la plupart du temps chez le modèle, (maison, atelier, jardin), ce qui fait son moi intime à un moment donné, le temps T de la photographie et qui lui donne son sens, même s'il nous est dissimulé.

Ou bien, à l'extérieur mais dans un lieu dont la neutralité n'est qu'illusion. Un détail surgit en effet, qui devient évocateur, capable de recréer cette intimité. 

La présence du fauteuil ou de la cigarette, de l'escalier, des jonquilles, du pilier rouge font partie de la composition de l'image mais pas que ; ils deviennent éléments constitutifs de ce qui fait un portrait. 

Dans les tableaux classiques, on retrouve ce principe du détail qui va singulariser le modèle (montre, vêtement, livre, etc.) dans un espace-temps donné.

 

A chaque photographie existe une anecdote révélatrice de l'histoire de chacun(e), mais aussi ce que le photographe a su percevoir ce qui fait que Chris, Naouelle, Lana et les autres sont eux/elles-mêmes, devenant alors par leur statut de modèles des icones modernes. 

Différents niveaux de lecture peuvent ainsi se croiser, enrichissant l'image initiale.

 

Philippe du Crest à travers ces 48 (à ce jour) portraits en pied lève le voile non seulement sur des êtres mais aussi sur notre société à travers son regard aujourd'hui. 

L'intemporalité surgira malgré tout car la sobriété et la sincérité de ce regard nous défient et offrent à ses modèles l'infinitude.

 

Nathalie Béreau, galeriste - juin 2014

 

* On peut évoquer à ce propos le portrait d'Otto Dix "La journaliste Sylvia van Harden"

 

 

 

Karo Lana Gaelle Sandra Emilie Chris Sarah Valérie Francis Lola Naouelle Francesca Amanda Camille Léa dos sur Marne Manon Valérie Swann julie Florence Delphine Damia Denisia Sylvie Lucas Mallo sur sa route Sébastien Fiona Téma Lulu Bryan Jesse Diane Bambi Nath Gaelle lisa Claire Sophie D Sophie V Aleks Johanna Joya Marlon Natacha Flora Margot Samantha Elodie
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Andréale 03 juin 2013

Je voudrais bien connaître votre pensée sur le fait que toutes ces personnes ne portent que des couleurs blanches/grises/noires... Pas de couleurs... Etonnant, non ?

Emiliele 29 septembre 2013

ces photos sont magnifiques et j'aurais aimée en faire partie . j'espère que le regard que vous portez sur notre "différence" fera que le regard des gens sera différent . j'aimerais comme beaucoup que ce monde "binaire" évolue plus vite mais je fais avec et je ne regrette rien de ma vie , ce qui est le plus important. merci et mes meilleurs vœux pour le succés de votre travail Emilie

isabellele 13 janvier 2014

merci, d'avoir fait de ces femmes et hommes des personnes à part entière, elles sont toutes très belles. comme Emilie j'aurais aimé en faire partie. vos photos sont superbes Isabelle

Mayale 09 février 2014

très beau travail artistique qui place bien la personne dans son cadre de vie ! Merci pour ce travail Maya

Mayale 09 février 2014

merci pour ces photos fidèles à leurs vies - leurs sensibilités - leurs combats pour devenir entière enfin ! acceptées pour se qu'elles sont et devenues pleinement avec la volonté et la force et certaine ont du payer très cher ce que le milieu hospitalier pour eux ne prenait pas en charge et ne leur accordait pas pour diverses raisons (trop âgées santé - psychologie ) ces personnes opérées aujourd’hui sont liberées et heureuses mais n'ont eu aucune aide de la part de ces associations francaises. Bravon a toutes celle s qui n'ontt pas faibli et ont pu emp)runter l'argent neccessaire nà l'operation en Thailande qui coutent tres cher . Mon ami Sarah la cordonierre et en Thailande et elle a ete opere da

Mayale 09 février 2014

merci pour mon amie Sarah la cordonnière qui est en Thaïlande en ce moment pour avoir enfin la chance de voir sa rose s’épanouir chaqhe matin ^^ merci pour ces portraits qui incarnent la femme qui se veut femme et à tout âge ?

brigittele 17 mai 2014

tres belle photo prise au naturel de leur nouvelle vie

Jacquelinele 27 août 2014

Je suis troublée par ces photos parce qu'elles signent des histoire de vie abouties, en voie d'aboutissement , fruits d'un long travail personnel de recherche d'identité. Pour chacune, chacun, le désir d'être au plus près de leur identité a été plus fort que la crainte, la peur d' affronter le regard plus ou moins bienveillant de l'AUTRE. Quelle force, quelle grandeur.

Elisabethle 29 août 2014

Toutes ces photos sont magnifiques et originales. Ces personnes ont fait preuve de sincérité, de beaucoup de courage et d'énergie pour suivre leur chemin. Grâce à votre travail, vous nous transmettez cela. Merci de nous faire partager votre oeuvre ainsi qu'un instant de la vie de vos modèles. Long chemin à tous. Elisabeth

Michellele 27 octobre 2014

Merçi pour toutes ces merveilleuses photos , naturelles et sobres ,d'une grande diversité ,

Smithb10le 24 decembre 2014

I truly appreciate this post. I've been looking everywhere for this! Thank goodness I found it on Bing. You've made my day! Thank you again! fcebcdefggcfbfgb

ANTOINEle 28 juin 2015

En ces temps obscures lâches et violents, vos photos sont la preuve que le courage est beau. Merci pour ce bol de liberté!

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